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© Richard Gonzalez

L’Entropie, distillerie engagée

À Autrans-Méaudre dans le Vercors, cette jeune distillerie bio élabore des produits qui reflètent à la fois l’authenticité et le dynamisme du plateau. Si les ventes de ses eaux-de-vie honorent les plantes de nos montagnes, L’Entropie organise aussi des visites et des ateliers dans un esprit de partage.

Une distillerie à échelle humaine

L’esprit du lieu s’affiche avec élégance dès l’entrée : bienvenue à « L’Entropie, distillerie sauvage ».

Nichée dans la plaine qui relie Autrans et Méaudre, au cœur du Vercors, cette jeune entreprise s’est spécialisée dans les eaux-de-vie et spiritueux élaborés à partir d’essences locales, toutes cultivées en circuit-court ou ramassées en cueillette raisonnée dans les bois environnants. Ici, on célèbre le vivant !

L’alambic au cœur

La star des lieux s’appelle Monique ! Rutilante, toute en rondeur, c’est autour d’elle que s’organise l’activité de l’atelier de fabrication. Elle a remplacé l’ancien alambic en 2023, qui était déjà trop petit pour les ambitions de la distillerie. Dans sa cuve de macération (la cucurbite), Léa Verrier et David Wehrung ont mélangé leurs rêves fleuris d’un monde plus éthique, plus partageur.

L’Entropie, c’est leur façon à eux de partager leur vision militante avec de « beaux et bons produits », dans une approche locale et bio.

« L’Entropie, c’est notre façon de partager une vision militante avec de beaux et bons produits ».

Léa Verrier Co-fondatrice de l'Entropie

Des spiritueux authentiques

Anciens ingénieurs, Léa et David ont troqué des carrières toutes tracées dans l’industrie pour une vie au grand air du Vercors, parmi les fleurs et les fraîches senteurs.

« Les questionnements sur le sens et la valeur de nos métiers avaient eu raison de notre enthousiasme de départ », raconte Léa. Amatrice de spiritueux authentiques aux goûts profonds, elle décide la première de se lancer dans l’aventure d’une distillerie durable et profondément ancrée dans son territoire, avant de s’associer avec David.

Formés au Centre international des spiritueux à Cognac, Léa et David ont poursuivi leurs classes en tournée dans les grands domaines. Rapidement, ils trouvent sur le plateau un espace pour leur projet d’entreprise. Et de la visibilité : « Nous avons bénéficié dans le Vercors d’excellentes conditions d’accueil et de travail. »

Créée en 2021, L’Entropie a emménagé en avril 2025 dans un nouveau bâtiment, à deux pas du local d’origine, avec dès l’entrée un espace réservé aux enfants et un accès PMR.

« Il était important que chacune et chacun se sente à l’aise, et notamment nos visiteurs. »

Entre le bar à dégustation, les larges fauteuils aux dossiers réalisés à partir d’anciens skis, l’espace bibliothèque et la verrière qui guide le regard jusque dans l’atelier attenant, convivialité et esprit montagnard accueillent le visiteur.

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Des fleurs cueillies sur le plateau

Reine-des-prés, verveine, sauge, aspérule odorante… Dans l’atelier, les noms des des plantes fleurissent au fil de grands seaux artisanaux, côtoient les cuves à macération et la grande table où s’alignent des dizaines de bouteilles (en verre recyclé) prêtes à receler les divines liqueurs. « Nous conservons une partie de nos plantes dans des seaux à l’abri des rayons UV pour produire nos spiritueux toute l’année », explique Léa, qui se réjouit de travailler avec des cueilleurs « sauvages » du plateau, attentifs à la préservation de la ressource.

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C’est avec 13 plantes des pâturages voisins que L’Entropie élabore une liqueur alpine dont la couleur verte rappelle la star du massif d’en face. « Cette liqueur est notre best-seller. Un produit qu’on a voulu accessible et facile à boire. »

Elle est l’une des 4 références qui font le cœur de gamme de la distillerie, avec une vodka de fleurs, un gin et puis l’anisette Lucette, qui scelle les noces du fenouil et de l’angélique, entre autres plantes.

Une conception écologique

Il y a des flacons en éditions limitées, comme l’eau-de-vie Printemps, fruit en 2 distillations d’un marc du Jura et de jeunes pousses de sapin. La gamme est appelée à s’étoffer.

« Toute l’année, nous pratiquons des tests pour comprendre comment s’opère le mariage entre les plantes et l’alcool. Nous faisons ensuite appel à un panel de dégustateurs locaux avant de valider la recette. »

L’Entropie a réussi à écouler en 2024 plus de 8 000 bouteilles, toutes liqueurs confondues. Le succès de l’entreprise repose aussi sur les talents de Monique (l’alambic !) : son échangeur thermique avec l’eau du réseau permet par refroidissement de fixer les volatils. Le surplus d’eau chaude sert à maintenir dans le bâtiment une température agréable. Quant à l’eau grise, elle coule aux toilettes.

Si l’imposante machine en cuivre a une âme, c’est parce que Léa et David y ont mis toute la leur.

Tisser le lien humain

Le bâtiment, qui s’étend sur 400 m², est en partie loué à Vercuma, labo spécialisé dans les cosmétiques bio. Synergie des engagements, symbiose des activités : « Nous avons un fournisseur en commun, Joy, paysanne herboriste de Méaudre. »

Pensé comme un lieu de vie et d’échanges, L’Entropie propose aussi de courtes sessions pour réaliser soi-même son élixir et apprendre l’art de l’assemblage. Et les plus jeunes (à partir de 8 ans) peuvent même tenter l’expérience d’un mini Escape Game

La mission ? Démarrer la machine à remonter le temps, retourner dans l’atelier de Dame Jeanne et retrouver un grimoire ancestral !

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« Nos eaux-de-vie et liqueurs sont de plus en plus présentes dans les restaurants étoilés ou chez des cavistes spécialisés, mais ce qui nous tient à cœur et nous anime dès le début, c’est le partage, la rencontre. Faire découvrir ce métier millénaire, transmettre nos valeurs d’ancrage local, de respect du vivant. Et nous inscrire pleinement dans la vie du plateau du Vercors ! »

Léa en 4 questions. Si elle était…

Un lieu de randonnée :

« Plénouze, d’où la vue est incroyable, et les animaux présents partout. C’est une forêt « habitée » que je pars arpenter depuis chez moi à pied. »

Une musique :

« The Sound of Silence, de Simon et Garfunkel. Parce qu’en fait, j’aime surtout le silence ! »

Un rituel du matin :

« J’ouvre grand la fenêtre et notamment l’hiver pour laisser entrer un grand flux d’air froid. Il est important d’avoir du plaisir à vivre là où on habite. »

Une fleur :

« L’achillée millefeuille, assez méconnue et pourtant pas si rare dans nos prairies, aux délicats pétales, intéressante pour la complexité qu’elle apporte à nos eaux-de-vie. »

En pratique

L'Entropie
540 route de Méaudre
38880 Autrans-Méaudre-en-Vercors
distillerie-entropie.fr
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L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.