Image illustrative
© Vincent Croce

Les lacs des 7 Laux : la montagne au bout du chemin

Perché à plus de 2 000 mètres d’altitude au cœur du massif de Belledonne, le plateau des lacs des Sept Laux est l’un des joyaux de la randonnée en Isère.

Lacs glaciaires aux eaux limpides, panoramas sur la Chartreuse et les Grandes Rousses, refuge au bout de l’effort : ce site d’exception se mérite, mais ne se quitte pas indemne.

Une aventure pour randonneurs aguerris, entre ciel et minéral.

Au départ de Fond de France

Au fond de la vallée du Haut-Bréda, la route remonte depuis Allevard et semble doucement quitter le quotidien.

Elle passe par Pinsot, puis La Ferrière. Les versants se rapprochent, les forêts gagnent du terrain, les sommets apparaissent entre deux virages. Plus on avance, plus la vallée se fait discrète et plus Belledonne prend de place.

À Fond de France, la route s’arrête presque là où commence la randonnée.

Sur le parking, les randonneurs terminent de préparer leurs sacs, ajustent leurs chaussures, remplissent une dernière fois leurs gourdes. L’ambiance est celle des beaux jours en montagne : on se salue, on échange quelques mots sur le chemin à venir, on lève les yeux vers les sommets.

Devant nous, le plateau des 7 Laux est quelque part là-haut.

Il ne reste plus qu’à aller le chercher.

© Michaël Lafrasse

La vallée derrière soi

Le sentier balisé en jaune s’élève rapidement dans les sous-bois. L’air est frais, la lumière joue entre les branches et le chemin monte tranquillement au rythme de chacun. Avec près de 1 100 mètres de dénivelé positif, la randonnée demande un peu de temps, mais elle offre surtout une belle progression à travers les paysages de Belledonne.

Au fil des lacets, la vallée du Haut-Bréda s’éloigne.

On avance entre les arbres, puis une première ouverture laisse deviner les reliefs. Quelques pas encore et le panorama s’élargit. Les sommets se dévoilent par touches, comme si la montagne se laissait découvrir progressivement.

C’est aussi ce qui fait le charme de cette montée : le paysage accompagne l’effort.

On marche, on respire, on profite d’une pause pour regarder derrière soi. La vallée apparaît de plus en plus petite. Les villages traversés en voiture semblent déjà loin. Le regard porte davantage sur la chaîne de Belledonne et sa majesté. Puis la forêt s’ouvre franchement. Le décor change. Les arbres laissent place aux paysages d’altitude, aux pentes couvertes de végétation rase et aux premiers reliefs rocheux. Le ciel semble plus grand. La montagne aussi.

Et les lacs ne sont plus très loin.

L’accès aux lacs des 7 Laux se mérite. Il faudra gravir la montagne pour rejoindre le plateau et le refuge.

15 km et 1 100 m de dénivelé.

Topo de la rando

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Le plateau des 7 Laux, la récompense en bleu

Après cette montée progressive, l’arrivée sur le plateau des 7 Laux a quelque chose de spectaculaire.

Les lacs apparaissent au milieu des montagnes. Leurs eaux bleues reflètent les crêtes et changent de couleur au gré de la lumière. Ici, tout paraît plus vaste : les sommets, le ciel, les distances et même le silence.

On prend naturellement le temps de regarder. Il est l’un de ces endroits où l’on comprend pourquoi on aime marcher en montagne. Il suffit de s’installer quelques minutes au bord de l’eau, de poser le sac et de laisser le paysage faire le reste.

Selon l’heure, l’ambiance évolue. Le matin, les lacs sont enveloppés d’ombres fraîches. En pleine journée, le soleil fait ressortir les reliefs et les couleurs de l’eau. Plus tard, les crêtes se teintent progressivement de lumière et les ombres s’allongent sur les berges.

La montagne n’est jamais tout à fait la même.

Après cette montée progressive, l’arrivée sur le plateau des 7 Laux a quelque chose de spectaculaire.

© Gwen Lavila

Halte au refuge

Au coeur de cet univers se trouve le refuge des 7 Laux, perché à 2 135 mètres d’altitude.

Gardé en été, il apporte une présence chaleureuse au milieu de la haute montagne. On peut y faire une pause, déjeuner ou choisir d’y passer la nuit en réservant à l’avance.

Dormir ici, c’est aussi une belle façon de prolonger la randonnée. Quand les visiteurs redescendent, le plateau retrouve son calme. Le soir venu, les lumières changent, les températures fraîchissent et les sommets prennent une autre allure.

Le lendemain, ceux qui souhaitent poursuivre l’aventure peuvent partir vers le Rocher Blanc ou le pic de Belle Étoile, selon leur expérience et les conditions du moment.

Découvrir le refuge

© Vincent Croce
© Pascale Cholette

Une montagne vivante

Sur le chemin des 7 Laux, la montagne n’est jamais seulement un décor. Dans les alpages, les troupeaux profitent des pâturages d’altitude.

Les chiens de protection veillent sur les brebis et font partie intégrante de cet équilibre pastoral.

Lorsqu’on les rencontre, on veille à adopter une attitude respectueuse du pastoralisme : ne pas franchir les clôtures, ralentir le pas, prendre le temps de se signaler au patou.

© Jérémy Tronc

Plus haut, avec un peu de chance et un regard attentif, un chamois peut apparaître sur une pente ou une crête. Il faut alors s’arrêter. Ne pas faire de bruit. Observer de loin. Laisser à l’animal l’espace dont il a besoin.

C’est aussi cela, marcher en Belledonne : apprendre à regarder autrement. Les fleurs d’altitude, les insectes, les oiseaux, les troupeaux, les animaux sauvages composent un paysage vivant qu’il convient de respecter. Rester sur les sentiers, ne rien cueillir, ne laisser aucun déchet derrière soi et respecter les zones pastorales permettent à chacun de profiter de la montagne.

Le chemin est partagé.

Un pas en haute montagne

Depuis les 7 Laux, on mesure toute l’ampleur du massif qui nous mène en haute montagne.

Depuis Fond de France, il est déjà possible d’en goûter l’esprit. Une journée suffit pour changer d’univers. Le matin, on part au bord du lac de Fond de France. Quelques heures plus tard, on se retrouve au milieu des lacs suspendus, face aux sommets.

La montagne semble tout à coup beaucoup plus proche. Une autre lumière pour redescendre. Il faut alors reprendre le chemin du retour. La descente offre un tout autre visage à l’itinéraire. Les paysages découverts à la montée se lisent différemment. La vallée réapparaît peu à peu, les arbres reprennent leur place et les sommets s’éloignent derrière soi.

On retrouve progressivement le Haut-Bréda. La forêt, les premiers hameaux, puis Fond de France.

On retrouve le parking, les voitures, les chaussures que l’on enlève enfin. Mais il reste quelque chose de la journée : cette impression d’avoir pris de la hauteur !

Les 7 Laux ne sont pas une montagne que l’on conquiert. Ce sont des paysages que l’on découvre en prenant le temps d’y aller.

Et quand on regarde une dernière fois les sommets depuis Fond de France, on comprend surtout une chose : il faudra revenir.

Le secteur est traversé par la Haute Traversée de Belledonne, le GR®738, un itinéraire d’itinérance de 11 étapes qui parcourt le massif entre l’Isère et la Savoie.

De refuge en refuge, il invite à découvrir Belledonne sur plusieurs jours, en prenant le temps de passer des vallées aux paysages d’altitude.

Sur les pas de la Haute Traversée de Belledonne

Découvrir le GR738

Le guide

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