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© Gwen Lavila

La Marmotte Masquée, des brassins au rythme de la Chartreuse

« Le hasard des choses nous a rassemblés ici. »

lamarmottemasquee.fr

À quelques kilomètres de Saint-Pierre-de-Chartreuse, une ancienne grange sylvicole a retrouvé une seconde vie. Derrière ses murs isolés avec des bouchons de liège de récupération et sa charpente en bois de Chartreuse, Guillaume et Thomas brassent des bières pas tout à fait comme les autres. Ici, aucune recette n’est figée. Tous les quinze jours ou presque, un nouveau brassin prend vie, au gré des saisons, de l’inspiration et des matières premières.

Une ancienne grange devenue terrain d’expérimentation

À peine la porte franchie, les effluves de céréales et de houblon enveloppent les visiteurs. Au milieu des cuves, des piles de bouteilles et des sacs de malt, difficile d’imaginer qu’il y a une dizaine d’années, le bâtiment n’était qu’une ancienne scierie laissée à l’abandon. C’est pourtant ici que l’aventure de La Marmotte Masquée a commencé.

« Je cherchais un local », raconte Guillaume. « Je suis tombé sur eux par le biais d’amis d’amis. Ça me ramenait à côté de chez moi, là où j’allais faire les promenades quand j’étais gamin. »

© Gwen Lavila

Originaire de Grenoble, il quitte son poste d’ingénieur après avoir découvert le brassage amateur. Deux années passées à expérimenter dans sa cuisine lui donnent une certitude : il veut fabriquer de la bière autrement. En 2016, il rejoint le projet lancé par quatre amis tombés sous le charme de cette grange de Chartreuse. Après deux ans de travaux réalisés avec des matériaux écologiques – bois local et isolation en bouchons de liège de récupération –, les premières bouteilles voient le jour en 2018.

Quelques années plus tard, Thomas pousse lui aussi la porte de la brasserie.
Ancien ingénieur télécoms, il choisit de changer de vie après le Covid. Une candidature spontanée, un heureux concours de circonstances et le voilà aux côtés de Guillaume.

« Le hasard des choses nous a rassemblés ici. »

Brassin #184

La créativité comme ligne de conduite

Au-delà de leur parcours, les deux brasseurs partagent le même attachement au massif. Tous deux ont grandi entre Grenoble, Voiron et les montagnes de Chartreuse. Un ancrage qui guide leur manière de travailler, jusque dans le choix de rester à taille humaine et de privilégier une production artisanale.
Car ici, la créativité prime sur le volume. « Pendant deux ans où j’ai brassé en amateur, je n’ai jamais reproduit deux fois la même recette », explique Guillaume.

Une philosophie qu’il n’a jamais abandonnée.

Tous les quinze jours, une nouvelle bière prend place dans la gamme, remplaçant peu à peu la précédente. IPA, ambrée, bière aux houblons néo-zélandais ou brassin inspiré par une récolte locale… Chaque cuvée est unique.

Une bière qui se vit autant qu’elle se déguste

Dans cette brasserie où l’automatisation est réduite au minimum, les gestes restent
omniprésents. Les bouteilles passent de main en main, les brassins sont surveillés au plus près et les matières premières se découvrent presque du bout des doigts.
« On est vraiment en contact avec le grain, le moût… ça je trouve ça cool. »
À la dégustation, les robes se parent de reflets dorés, ambrés ou cuivrés selon les brassins. Les houblons expriment tour à tour des notes florales, fruitées ou résineuses, tandis que les malts apportent rondeur et gourmandise. Ici, chaque bière raconte une histoire différente, invitant les amateurs à se laisser surprendre à chaque visite.

Continuer à surprendre, sans perdre son âme

Loin de chercher à produire toujours plus, Guillaume et Thomas revendiquent un autre modèle. Leur outil de production a atteint sa taille idéale ; eux préfèrent continuer à imaginer de nouveaux brassins plutôt que de pousser les murs.

« On savait très bien que l’équipement allait être à saturation autour de 220, 230 hectolitres par an. Maintenant, on a trouvé un outil de production qui fonctionne bien et on continue à s’amuser avec des nouvelles recettes. »

Dans un contexte où le marché de la bière artisanale se tend, leur ambition reste la même : consolider la brasserie sans renoncer à ce qui fait son identité. Développer la vente en direct, renforcer les liens avec les acteurs locaux et continuer à proposer des bières accessibles, pensées autant pour les habitants que pour les randonneurs et visiteurs de passage.

À La Marmotte Masquée, l’avenir ne se mesure pas en hectolitres supplémentaires. Il se construit, brassin après brassin, avec la même envie d’explorer, de créer et de faire vivre un lieu profondément ancré dans son territoire.

Thomas et Guillaume en 4 questions, si vous étiez…

  • Une bière, laquelle seriez-vous et pourquoi ?
    Thomas : une IPA bien amère et résineuse, car c’est comme ça que j’ai découvert l’univers immense de la bière
    Guillaume : une Kölsch bien dorée et droite car c’est un produit bien malté et hautement buvable
  • Un lieu en Chartreuse ?
    Thomas : La Grande Sure, elle domine les grandes plaines de l’ouest, mon territoire.
    Guillaume : Perquelin où la riche flore m’inspire !
  • Une odeur de la brasserie ?
    Thomas : L’odeur qui s’échappe du pichet rempli de pellets de houblon.
    Guillaume : La douce odeur d’un bol de céréales qui s’échappe de la cuve d’empâtage.
  • Si vous pouviez faire goûter une seule de vos créations à quelqu’un, laquelle choisiriez-vous ?
    Thomas : Notre Cold IPA (Blonde IPA), à l’aromatique vraiment enivrante.
    Guillaume : Notre Coco Amber 2026 (Ambrée), gourmande à souhait avec ces notes de noix de coco.

En pratique

Brasserie La Marmotte Masquée
507 chemin du Clos Perrier
38380 Saint-Pierre-de-Chartreuse
Téléphone : 06 22 14 08 27
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