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© Prune Vellot

L’Âme de la Fure : des couteaux chargés d’histoire(s)

« Cet endroit porte l’énergie de nos ancêtres, qui ont travaillé ici pendant plusieurs centaines d'années. »

lamedelafure.fr

Les couteaux de Jean-François Blouzard ont une lame et une âme forgée dans l’histoire de la Fure, du Voironnais et, plus largement, de l’Isère. À Charavines, dans l’ancienne taillanderie Bret, cet artisan fait revivre un savoir-faire ancestral en misant sur le réemploi : acier réformé, cuir récupéré, bois locaux… Chaque pièce de cette coutellerie raconte une histoire singulière. Plongée dans une aventure artisanale où la lame épouse la mémoire d’un territoire.

Regard aiguisé sur cette aventure lancée en décembre 2023.

Fondée par Jean-François Blouzard, la coutellerie L’Âme de la Fure puise force et inspiration dans son territoire.

Basée à Charavines, elle perpétue à sa manière le savoir-faire de l’ancienne taillanderie Bret,en activité jusque dans les années 1970, au sein de laquelle elle s’est installée.

« Je recherchais une terre de forge pour développer ce projet, raconte le PDG. Je prospectais le long la Fure, lorsque j’ai rencontré les propriétaires de ce lieu, très attachés à son histoire. Cet endroit porte l’énergie de nos ancêtres, qui ont travaillé ici pendant plusieurs centaines d’années. »

"le Pégoud", dernière création

Des artisans de l’acier et du cuir

Après une carrière dans l’aviation, Jean-François Blouzard a en effet opéré un retour aux sources physique et symbolique.

Petit-fils d’un forgeron du Rousset, il a grandi avec un marteau dans les mains, acquérant très rapidement la force et le geste nécessaires à ce métier ancestral. « Mon grand-père m’a appris la forge et le courage », affirme-t-il. C’est riche de cet héritage et d’un CAP en maroquinerie obtenu en juin 2023, qu’il décide de se reconvertir et de créer L’Âme de la Fure, où il conçoit des couteaux droits et pliants, mais aussi des étuis en cuir sur mesure.

Il se lance dans cette aventure avec Martial Matsoukos, dont les compétences en mécanique sont un véritable atout pour la réalisation des couteaux pliants ; puis il embauche, en septembre 2025, Émilien Mercier-Brosse, diplômé d’un CAP en coutellerie et d’une licence en design.

Leurs savoir-faire réunis permettent de mettre au point différents modèles, à la fois fonctionnels et esthétiques, qui valorisent les filières françaises et le réemploi.

« Mon grand-père m’a appris la forge et le courage ».

Jean-François

Aurélien

Des couteaux issus du réemploi

Les lames sont soit découpées au laser par une entreprise de Thiers, soit forgées dans de l’acier réformé. L’entreprise Poma (basée à Voreppe) en a notamment fourni sous forme de câbles et de ressorts, à l’occasion d’une commande de 850 couteaux à L’Âme de La Fure.

Les manches sont quant à eux réalisés à partir de bois locaux comme le buis, de vieux skis fournis par le magasin Gozzi (basé à Voiron), de drèche de bière, de bakélite ou encore de trespa ; tandis que les étuis sont découpés dans des chutes de cuir récupérées auprès de l’entreprise Paraboot (basée à Saint-Jean-de-Moirans).

Une démarche vertueuse qui contribue à créer des pièces uniques, où chaque manche se distingue par une forme, une couleur, une texture… et où chaque ressort de lame affiche un motif singulier, obtenu par guillochage (enlèvement de matière à la lime).

« La philosophie du réemploi est inscrite dans ma famille depuis toujours », explique Jean-François Blouzard.

Des inspirations locales

Aujourd’hui, L’Âme de La Fure produit 6 modèles de couteaux, dont un forgé : Le Furieux.

Avec sa lame fine et galbée, ainsi que son manche qui épouse parfaitement la paume de la main, ce couteau droit est un objet d’exception et de caractère, inspiré du tempérament de Jean-François Blouzard.

Chaque modèle est ainsi pensé pour raconter une histoire :

  • Le Paladru a le profil de la pirogue exposée à l’entrée du musée archéologique du lac de Paladru ;
  • Le Grenoblot imite le cernoir utilisé dans la culture de la noix ;
  • L’Écaill’art a été conçu avec l’écailler Christophe Veyron originaire de Saint-Cassien…

Dernière création de la maison ? Le Pégoud qui reprend la forme de l’hélice du Blériot XI piloté par l’aviateur Célestin Adolphe Pégoud (né à Montferrat). Un clin d’œil à l’histoire locale et à celle du fondateur de L’âme de La Fure !

Jean-François en 4 questions. S’il était…

Un couteau signature :

Le Furieux. C’est notre plus beau couteau. Idéal pour couper une entrecôte, ouvrir un poisson ou hacher des légumes. Il se décline en une version inoxydable, spécialement pensée pour les restaurants.

Une matière de prédilection  :

L’acier. C’est une matière qui vient de la terre. Elle est liée à nos origines. Elle vient de la nature.

Un outil symbolique  :

Le marteau. Enfant, c’était mon jouet préféré. Pour le forgeron, il est indissociable de l’enclume. Ensemble, ils forment d’ailleurs le logo de L’Âme de La Fure.

Un geste préféré :

J’aime marteler l’acier pour créer des formes. Autrefois, chaque village avait sa forge et son forgeron pour réparer les roues, les fers, les outils…

En pratique

L'Âme de la Fure – Coutellerie Artisanale Française
105 Rte de Rives
38850 Charavines
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