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Grenoble : capitale du gant de luxe
La ville de Grenoble est riche d’un héritage en voie de disparition… la ganterie. Comprenez ici la fabrication artisanale de gants. Traditionnelles ou modernes nous vous emmenons à la découverte des grandes marques qui ont fait le prestige de la ganterie « made in Grenoble ».
La « ganterie grenobloise » plus renommée sous l’appellation « Gant de Grenoble » a marqué durablement la ville et ses environs. Cette notoriété donnera à la capitale des Alpes, le titre officieux de « capitale du gant de luxe » durant la révolution industrielle (début 19è s.). Grenoble fut en effet pendant des siècles la capitale mondiale du gant de luxe, produisant à son apogée jusqu’à 18 millions de paires par an (dont 80 % pour l’exportation) !
Sous le règne d’Henri IV
L’histoire débute au 17ème siècle, quand Mathieu Robert, gantier rue du Palais, obtient le titre suprême de gantier-parfumeur du roi de France, sur recommandation du duc de Lesdiguières. Les gantiers affluèrent alors de partout, pour profiter de l’abondance de peaux de qualité, donnant naissance 3 siècles plus tard à de grandes manufactures : les Jouvin, Perrin, Terray, Reynier et Vallier qui ont laissé leurs marques.
Une famille sur deux vivait alors de la ganterie dans la région grenobloise.
Dans le quartier de l’Aigle à Grenoble, les rues portent d’ailleurs les noms des villes où s’exportaient les gants : New York, Paris, Londres, Boston…
Lesdiguières-Barnier
Jean Strazzeri, PDG de la ganterie Lesdiguières-Barnier, était le dernier représentant d’une tradition remontant au 16ème siècle : le gant de Grenoble en chevreau. Il a fermé boutique en 2025. Entré en 1964 comme apprenti à la ganterie Lesdiguières, Jean Strazzeri est resté 46 ans à la tête de cette entreprise fondée en 1885, classée « entreprise du patrimoine vivant ».
Reconnu à l’international, il a approvisionné de nombreuses boutiques à Paris et aussi travaillé pour le théâtre et le cinéma. Seul Meilleur Ouvrier de France (MOF) en ganterie (titre obtenu en 2000), ce maître-gantier à toute sa vie perpétué ce savoir-faire remontant au Moyen-Âge. Il en était l’ultime représentant.
Une place porte désormais son nom à Fontaine, la ville où se trouvait son mythique atelier.
C’est une page de l’histoire du « Gant de Grenoble » qui se tourne. Mais heureusement un autre chapitre s’écrit avec les gantiers de FST Handwear, qui ambitionnent (avec succès) de redonner au « Gant de Grenoble » ses lettres de noblesse.
FST Handwear
S’inscrivant dans une longue tradition locale, Benjamin Cuier et Philippe Larguèze ont fait le pari de remettre le gant à la mode en créant une marque 100 % française.
Il y a cent ans, les ganteries grenobloises, synonymes de luxe et de glamour, rayonnaient dans le monde entier et le quartier de la rue de New York vibrait au rythme des tanneries.
Loin de ces images sépia, l’atelier-showroom de FST Handwear, hisse haut les couleurs et les imprimés flashy. Avec leur design vintage et leurs matières microfibres doublées de polaire, ces gants new look redeviennent un accessoire de mode qui s’accorde à chaque tenue.
« La main, c’est le premier vecteur de communication. Notre volonté est de l’habiller avec un produit de qualité et à un prix abordable, en nous appuyant sur un savoir-faire bien vivant. »
En 10 ans, les 2 créateurs de la marque comptent plus de 500 créations originales à leur catalogue dont le coquelicot stendhalien en rouge et noir – le grand favori !
Les imprimés se déclinent aussi en étoles de cachemire, en écharpes ou chaussettes en bambou.
Avec une production de 15 à 20 000 paires par an, FST Handwear se positionne comme le premier gantier de France ! La ganterie et Grenoble n’en fini pas d’écrire son histoire…
Tout est créé, imprimé et façonné dans la région, avec des matières made in France et un réseau de partenaires. Nous privilégions l’emploi local.
Benjamin Cuier et Philippe Larguèze Créateurs