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La Salette, entre ciel et terre
Lieu d’histoire et de spiritualité cramponné aux dernières pentes du massif des Écrins, le sanctuaire de Notre-Dame-de-La-Salette trône en majesté face aux sommets acérés du Dévoluy. C’est aussi à un pèlerinage pour la beauté du vivant que nous convie cette montagne accueillante, enlacée par de nombreux sentiers.
La route vers Notre-Dame de La Salette dessine de larges boucles au-dessus du riant village de Corps. Au bout de quinze minutes, elle débouche sur un site grandiose. De hauts pâturages de montagne offrent un théâtre impressionnant à la splendeur minérale du sanctuaire. Nous sommes en juin, et à cette altitude, la verdure est à son comble d’éclat, qui tranche avec l’ocre monumental de la basilique. La solennité des sommets fait écho à la majesté du site religieux.
Des milliers de pèlerins chaque année
On retient son souffle. On retient ses mots aussi, car Notre-Dame de La Salette est un lieu de silence et de retraite. Les visiteurs éberlués par la beauté des lieux font monter une lente ferveur.
Les plus jeunes arrivent à pied, sous un sac à dos plus lourd qu’eux. Ici affluent chaque année des milliers de pèlerins de toute la France et du monde entier. Des bâtiments abritant des dortoirs et des réfectoires ont été construits pour les accueillir, des salles de prières et de réunion également.
Notre-Dame de La Salette est devenue le deuxième site religieux de France le plus fréquenté après Lourdes.
La rencontre
Appel à la prière
La basilique est flanquée d’un petit musée (gratuit) qu’une vitrine marque en particulier : les vêtements, à peu près intacts et aux coutures sommaires, des deux jeunes bergers qui ont rencontré la Vierge. Maximin Giraud et Mélanie Calvat gardaient les vaches ici le 19 septembre 1846 lorsqu’une dame en pleurs est apparue, assise sur un rocher et couronnée de roses. Elle les appelait à la prière, à l’espoir et à la miséricorde, avant de leur confier à chacun un secret, remis au pape cinq ans plus tard. Leur contenu officiel n’a jamais été révélé.
Cirque naturel
L’histoire d’après se devine. L’élan spirituel né après l’apparition de la Vierge a rapidement transformé ce petit cirque naturel. Après la construction d’une chapelle provisoire, la basilique de Notre-Dame de La Salette est érigée entre 1852 et 1879, dans les conditions difficiles imposées par l’altitude et les moyens de l’époque. Autour du monument, plusieurs statues rappellent aujourd’hui l’événement, ajoutant à cette sensation de recueillement.
Un style sobre qui questionne
L’intérieur de la basilique impressionne autant par sa sobriété que par les multiples symboles qu’elle recèle.
Immédiatement, l’œil est guidé vers le visage du Christ Pantocrator qui orne la voûte en demi-coupole au-dessus du chœur. Un regard qui nous saisit par son ampleur, un style qui interroge par sa candeur : la peinture est d’Arcabas, figure contemporaine de l’art sacré français. On retrouve sa signature sur des peintures des bas-côtés. Hormis ces couleurs, la basilique revendique une austérité, un refus délibéré d’ostentation, comme pour nous ramener à la gravité du monde. Par les vitraux naïfs filtre la question de la place de l’humain. Beaucoup racontent l’histoire de l’apparition, d’autres saluent les peuples du monde.
Vitrail du Sacré-Cœur
Des balades inspirantes
On ressort finalement bouleversé, sans savoir si les montagnes qui entourent la basilique la protègent ou si c’est elle qui les a sauvées. Parce qu’ici à près de 1800 mètres d’altitude, la nature resplendit, sauvage et libre, agitée d’insectes et d’oiseaux dès que l’on suit l’un des sentiers qui s’élèvent parmi des gerbes de fleurs.
Au plus près de la nature
Nous empruntons d’abord le chemin qui rejoint le petit cimetière, avant de passer sous la Croix de la Bonne Mère. Déjà le soleil tape fort. Les mouches collent un peu. Un aigle royal survole le site avant de disparaître derrière le sommet du Chamoux. Dans notre progression, chaque coup d’œil dévoile du sanctuaire un visage différent. Le Dévoluy qui déroule sa chaîne derrière lui change aussi de couleur et d’aspect, sous une lumière de plus en plus dure et verticale.
Les combes rocailleuses qui sillonnent régulièrement le sentier invitent à une prudente lenteur. Les moutons qu’on détecte d’abord à leurs bêlements se tiennent tout en dessous, petits points beige dans une herbe maigre.
Toutes les montagnes d’un coup d’œil
À ce décor minéral, on peut préférer les pâturages par le chemin qui file de l’autre côté vers le col de l’Éterpat. Il zigzague dans les hautes tiges des ombellifères et des gentianes jaunes puis plonge dans une zone forestière bienvenue. Ici, les conifères projettent une ombre dense. On souffle avant de repartir dans les alpages pour atteindre un peu plus haut le sommet du Gargas. Vision époustouflante à 360° : le panorama embrasse d’un coup d’œil le Champsaur, le lac du Sautet, les massifs du Dévoluy, du Vercors et du Taillefer.
On se retourne pour contempler quelques cimes mythiques des Écrins encore tavelées de vieille neige : la Grande Roche de la Muzelle, masquée par un nuage, la pointe Swan, le pic de l’Olan… Et là en bas, tout en bas, Notre-Dame-de-La Salette, sanctuaire au milieu des sanctuaires. Le miracle, c’est ce sentiment d’immortalité qu’inspire le paysage. Trois vautours fauves passent vers les crêtes. Ils ne seront pas pour nous.
En pratique
Sanctuaire Notre-Dame-de-la-SaletteLe Sanctuaire 38970 La Salette-Fallavaux
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