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© Jocelyn Chavy

Fiona Mille, « un nouvel imaginaire pour la montagne »

« Quand j’ai découvert la montagne, j’ai su que j’étais là où je voulais être »

www.mountainwilderness.fr

Freydières, 1100 mètres d’altitude, massif de Belledonne. Le ressac de la forêt semble lécher les flancs des montagnes toutes proches. Les sapins protègent le Grand Colon, 2394 mètres, tandis que le lac de Freydières au vert profond déploie sa fraîcheur dans l’air.

« Quand j’ai découvert la montagne, j’ai su que j’étais là où je voulais être » dit Fiona Mille, cheveux au vent. La présidente de l’association Mountain Wilderness habite ici, au petit hameau de Freydières, au cœur d’un massif de Belledonne encore très préservé. Les sentiers qui mènent au lac du Crozet, au Grand Colon, au refuge de la Pra, Fiona Mille les emprunte toute l’année, à pied ou à skis.

Réinventer la montagne

Née dans le Nord, Fiona a d’abord craqué pour les Hautes Pyrénées, avant de s’installer à Grenoble pour un stage chez Mountain Wilderness. L’association de protection de la montagne a grandi, et son périmètre d’action, la haute montagne, s’est élargi. « Aujourd’hui, la question n’est pas juste de savoir comment on protège les glaciers mais tous les territoires de montagne » explique Fiona. Le changement climatique est là. « Le modèle classique des stations de ski, hérité des années 60 et 70 et basé sur la logique du tout-ski, est aujourd’hui obsolète. L’enjeu n’est plus de parler de l’attractivité de la montagne mais de son habitabilité ».

L’habitabilité ?

« Des services publics, des navettes et des commerces à l’année » détaille-t-elle. Plutôt que l’aménagement, Fiona Mille milite pour un tourisme doux. « Bien accueillir en montagne, c’est aussi repenser l’accueil en montagne ». Réinventons la montagne : son livre éponyme est un manifeste pour « un autre imaginaire » en montagne, avec lequel l’auteure est allée débattre de l’avenir en montagne aux quatre coins des Alpes. « Avec l’association nous essayons de nous projeter dans une montagne solidaire, respectueuse de l’environnement : 2030 pourrait être une année d’engagements en ce sens, au service de la transition en montagne ».

© Olivier Lefebvre

Avec l’association Mountain Wilderness nous essayons de nous projeter dans une montagne solidaire, respectueuse de l’environnement.

Transition

L’humain au centre

Dans la liste des projets qui la passionnent, Fiona Mille en évoque un qui lui tient à cœur : l’accès à la montagne pour les enfants. « En Isère il y a plein de possibilités. J’aimerais développer ça, faire découvrir l’univers de la montagne, comme ce coin de Belledonne, le hameau où je vis, la Gélinotte », avec son restau-café-concert, lieu culturel au bord du lac de Freydières. Du tourisme, oui, qui ne mise pas tout sur l’aménagement, mais sur l’humain : « il faut sensibiliser les gens en amont et accompagner cette dynamique à l’année ». « Le futur, c’est repenser l’humain » affirme la militante, qui s’inspire aussi de ce que font d’autres territoires de montagne, en Europe par exemple.

© Ulysse Lefebvre

Définir ce que pourrait être la montagne de demain, c’est tenir compte des spécificités de ces espaces naturels si particuliers. De leur histoire et de leur situation, comme ici en Belledonne, avec l’hydro-électricité qui a façonné le lac du Crozet, et la proximité des citadins. « En étant un point de repère pour la société et une source d’imagination immense, les montagnes peuvent contribuer à faire émerger des envies et des énergies humaines sur leurs territoires, mais aussi au-delà ». Son énergie à elle vient d’ici : du cœur serein de Belledonne.

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