Découvrir le cheval médiateur avec Ôcheval
« Pas de place aux faux-semblants en liberté, une fois le licol et la longe enlevés, il reste uniquement… la vérité. »
L’après-midi vient à peine de débuter, mais une lumière rougeoyante de fin d’automne baigne déjà la campagne aux abords de Villefontaine.
En traversant le village de Roche, un petit panneau en bois indique notre destination : « Ôcheval, école d’équitation pour humain et équidé ». Le ton est donné !
Une arrivée au cœur de la campagne iséroise
Si cette simple phrase peut faire sourire, elle résume un peu le projet de Laëtitia Charvet, maîtresse des lieux : une promesse de considérer chaque être dans sa singularité, pour mieux l’accompagner. Nous sommes justement là pour découvrir l’équipraticie relationnelle que dispense Laëtitia, une approche qui invite à une interaction authentique avec le cheval pour explorer des problématiques personnelles, dans un cadre bienveillant et naturel.
Nous voilà arrivées. Il est temps de laisser derrière nous nos a-priori et ce qui encombre nos esprits, pour entrer dans un espace où l’écoute et la confiance prennent tout leur sens.
Et pourquoi pas ensuite partir sillonner à cheval les sentiers ? Tout sourire, Laëtitia arrive à notre rencontre, laissons-nous guider.
Rencontre des chevaux, et de l’équipraticie
On se dirige vers une authentique grange en pisé où se trouve la sellerie des équidés : tout y est propre et ordonné, et fleure bon le cuir huilé. Licol en main, nous partons à la rencontre de notre partenaire. Comment le choix opère ? « c’est une question d’énergie, de ressenti, d’adéquation sur le moment, et ce, des deux côtés » Julia naturellement se dirige vers Freedom, s’arrête un court instant, tend sa main qu’il respire.
Une leçon de cohérence
Tous les sens en éveil, on parle peu et on observe, à l’écoute de nos perceptions, au rythme du cheval. On remarque en plaisantant : vivant au grand air, ils ont besoin d’un bon coup de brosse ! Nous voilà rassurées, le pansage, ça on connaît ! Sûrement par habitude, on s’apprête à sortir une friandise de notre poche quand Laëtitia nous arrête : « les chevaux n’ont pas besoin de récompense, ni de punition d’ailleurs. Mais de cohérence ». Elle a décidément toujours le mot juste, et fait mouche.
Une fois les animaux presque lustrés il est temps de se rendre au manège pour prolonger l’expérience avec le travail en liberté.
Se connecter au cheval pour se reconnecter à nous même
Encore une fois, nos habitudes de cavaliers traditionnels sont bouleversées. Julia se lance dans l’arène, le magnifique manège, en compagnie de Freedom.
Avant de la laisser en autonomie et en conversation avec le cheval, Laëtitia nous enseigne comment entrer en dialogue avec lui, imprimer le mouvement, et devenir un référent digne de confiance.
Pas de place aux faux-semblants en liberté, une fois le licol et la longe enlevé, il reste uniquement… la vérité.
Julia prend la main. Pas facile de maîtriser geste et posture, regard et souffle. Le cheval observateur analyse tout en clin d’œil. Julia peine tout d’abord à établir une connexion avec l’équidé.
Puis elle ralentit, calme sa respiration, se recentre sur elle et son intention, elle la magie opère. Le pas de Freedom se règle sur celui de Julia, il calque ses mouvements sur elle, elle obtient toute son attention. Fluidité magique, leur duo est superbe à observer évoluer.
Laëtitia interroge Julia, comment-se sent elle ? Son sourire en dit long, mais elle répond : « Galvanisée » !
Avec cette belle confiance gagnée, Laëtitia nous propose de découvrir les environs. On équipe nos montures et à cheval ! Pour profiter de la belle ambiance de cette fin de journée.
Randonnée à cheval vers un panorama sublime
À peine sorti du centre équestre, nous accédons rapidement à la pleine campagne, après avoir parcouru quelques rues du petit village paisible. Nous cheminons à travers champs et prairies vers la Croix Benedict, un lieu dit qui tient son nom d’un mystérieux don d’or du roi Henri III à un certain capitaine Benedict… En 1576 !
Elle se trouve sur l’antique voie romaine qui reliait Lyon à Grenoble.
Tout proche, nous trouvons la fameuse table d’orientation. Le panorama qui nous entoure, presque à 360°, est à couper le souffle. On distingue en ce jour où l’air est particulièrement transparent toutes les alpes, et de notre hauteur à cheval, parfaitement le Mont blanc !
L’heure tourne, les ombres s’agrandissent il est temps de rentrer vers le club. Pour clôturer en beauté la journée, Laëtitia nous propose un dernier galop dans les prés. La vitesse est grisante, et quelle sensation de liberté.
On a tellement apprécié, que notre accompagnatrice nous a laissé recommencer, le long d’une enfilade de châtaigniers dans les terres qui hébergent Ôcheval.
Alors que l’on soigne nos chevaux avant leur retour au pré, on dresse le bilan de cette belle journée, qui nous a offert une vraie reconnexion à la nature et à nous même.
Grâce à Laëtitia et son équipe, nous voilà reboostées avec l’envie de continuer à grandir, se ressourcer ou juste simplement profiter auprès des équidés.
Laëtitia Charvet, le cheval chevillé au corps
Une passion née au contact des chevaux
Regard clair et sourire facile, Laëtitia Charvet s’illumine au contact du vivant. Profondément ancrée dans le réel, elle s’épanouit parfaitement dans le petit monde qu’elle s’est créé à Roche, village des collines du nord-Isère.
Du matin au soir, à son centre équestre Ôcheval, on la trouve toujours affairée mais disponible, auprès des chevaux qu’elle chérit tant. Une passion précoce qu’elle a suivi sans faillir, pour ses loisirs, des bancs de l’école à ceux de la fac de lettres.
Déjà elle recherche cette sensation de liberté à leur contact et la vitalité primaire, essentielle qu’ils dispensent.
Jalade, la jument qui a changé sa vie
Elle qui ne voulait pas travailler dans les chevaux pour ne pas « gagner son argent sur leur dos », achètera avec sa première paye de lycéenne Jalade, jument qui va changer sa vie.
Avec elle, elle fugue dans la forêt pour retrouver calme intérieur quand le monde extérieur se fait trop pressant.
Quand elle disparaît l’évidence apparaît : elle veut transcender sa perte, et amener à ses semblables, à son tour, toute la richesse que l’animal a pu lui transmettre.
De la passion à la transmission
Elle se découvre enseignante acharnée, pétrie du goût de partager, et passe alors son brevet d’état d’éducatrice sportive, se formant à travers la France. Elle se frotte à différents publics, puis découvre la médiation équine avec l’équipraticie relationnelle.
« C’est avant tout moi tous les jours qui fait ma propre thérapie » plaisante-t-elle. « En vivant au présent l’interaction avec le cheval, on apprend beaucoup sur nous ».