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Canyoning en Trièves : le canyon des Moules Marinières
Spectaculaires, les parois du Vercors surgissent au-dessus de Saint-Andéol, magnifique petit village perché à mille mètres d’altitude, l’un des plus beaux sites du Parc naturel régional du Vercors. Dans les replis de la forêt, le torrent de Berrièves a creusé son chemin à travers la roche. L’eau a sculpté un magnifique canyon, les Moules Marinières, la promesse d’une demi-journée ludique et très rafraîchissante.
Une découverte du Trièves
L’air est léger, presque frais sous le couvert des fayards, comme on appelle les hêtres dans le Trièves. Le mont Aiguille n’est pas loin mais ce n’est pas pour lui que Yoann, notre guide, nous convie. Et heureusement : les combinaisons en néoprène qu’il étale sur une grande bâche sont conçues pour le canyoning en eau froide, pas pour l’escalade !
Nous partons pour découvrir les Moules Marinières, l’un des plus beaux canyons d’initiation en Isère. Les Moules Marinières ? Rassurez-vous, la spécialité culinaire n’est pas au programme : le nom du canyon est un jeu de mots, un mélange du nom du hameau de Morinaire, à l’arrivée du canyon, et du nom occitan des cours d’eaux dans les Alpes du Sud, les « oules », sans « m », qui désignent les cascades et piscines naturelles.
Un canyon, c’est un mélange de techniques d’escalade – avec des rappels – et de marche (on dit « progression ») en rivière, avec des sauts dans des vasques d’eau fraîche, et même des toboggans naturels. Allez, go !
L’aventure en rivière
Autant le dire tout de suite, mettre sa combi en néoprène est de loin le (seul) moment difficile d’une sortie canyon. Avec l’aide des uns et des autres, on y arrive, même Alix, quatorze ans, pour qui l’attrait des sauts est la plus forte des motivations. Une rapide navette en voiture jusqu’à Saint-Andéol permet d’admirer les montagnes – ces parois du balcon Est, paradis de la rando et de l’escalade – et surtout de faire une marche d’approche bucolique… en descente à travers champs !
Le torrent de Berrièves atteint, on est dans le bain, au sens littéral du terme : quel plaisir de découvrir des vasques d’eau fraîche après une petite marche. Yoann prend le temps d’expliquer les bases de la progression en canyon : prendre garde aux surfaces couvertes de mousse, et passer les obstacles en s’asseyant plutôt qu’en sautant. Sauf, bien sûr, quand c’est prévu par le guide !
Apprendre à se débrouiller en canyon
Dès le début du canyon, le ton est donné, avec un premier toboggan. L’encaissement, c’est-à-dire l’étroitesse du canyon, est remarquable. « On peut toucher les deux côtés du canyon avec ses mains », s’exclame Alix. Très vite, un premier rappel et des petits sauts mettent dans l’ambiance. « Je préfère que les gens soient actifs et descendent en rappel eux-mêmes », explique Yoann « Comme cela chacun descend à la vitesse qu’il choisit lui-même » en étant assuré, au cas où, par Yoann avec un brin de corde supplémentaire. Et chacun de se satisfaire de cette autonomie, même (et surtout) les ados.
À savoir aussi, le canyon est conseillé à partir de dix ans pour les enfants à l’aise dans l’eau, et sachant nager.
Un concentré de jeux aquatiques
Au moment où le canyon s’élargit et devient rivière, Yoann en profite pour nous montrer la richesse de la faune aquatique, comme ces petites larves qui vont, un jour, éclore en papillons. Une bonne raison de marcher à côté du lit de la rivière pendant qu’elle est calme, jusqu’au prochain encaissement, spectaculaire. Une désescalade ludique permet de passer sous un bloc et sous la douche, avant de franchir une cascade par la spécialité locale : un petit rappel puis un toboggan, celui-ci étant un demi-tronc couché dans l’eau qui sert de rampe de lancement ! Plus loin, la force de l’eau a découpé la roche sur 17 mètres de hauteur, créant une superbe faille le long de laquelle nous glissons en rappel. Mais, pour Alix et son frère, le meilleur reste à venir : les deux belles vasques finales.
Géant
Le plus grand toboggan de l’Isère
« Tu sautes ou pas ? » Alix répond par l’affirmative, mais d’autres membres du groupe préfèrent la corde de rappel. « Je propose toujours l’alternative, souligne notre guide, de manière à ne jamais obliger à faire un saut ». Cerise sur le gâteau : si Alix et son frère sautent de six mètres, d’autres choisissent l’option rappel mais peuvent scinder celui-ci pour faire un petit saut moins haut ! Chacun se délecte ensuite du dernier obstacle, le plus long toboggan naturel de l’Isère : une cascade dans laquelle on s’allonge, puis, l’appréhension aussitôt oubliée grâce à la présence de la corde, on glisse à fond jusqu’à la vasque dans de grandes éclaboussures d’eau. Plaisir garanti, au point que l’on se demande, quelques minutes plus tard à la voiture, quand recommencera l’aventure.
En pratique
Canyon Les Moules Marinières38650 Saint-Andéol