Toutes les infos pratiques pour organiser votre découverte des Balcons du Dauphiné
À Saint Chef, marcher dans les pas de Frédéric Dard
Un véritable monument de la littérature française. Il est l’auteur français le plus lu du XXème siècle. Mais saviez-vous seulement qu’il était Isérois? Frédéric Dard, soit le fameux San Antonio est né en effet à Bourgoin-Jallieu, il y a plus de 100 ans… Mais c’est la commune de Saint Chef à laquelle il vouait un attachement tout particulier. Pour tout dire, c’est même là-bas qu’il fut inhumé ! Elle le lui rend bien, avec un parcours thématique à travers ses rues, et même la moitié de son musée !
Ce village d’histoire et d’art est fort d’un passé prestigieux le mérite : il regorge de trésors à découvrir, à l’occasion d’une escapade sur les terres des balcons du Dauphiné.
Une visite vers le paradis en Isère
L’abbatiale, véritable joyau de Saint Chef, est aussi le symbole de la ville. Cette église du XIIè siècle, trône sur une colline la rendant visible de très loin. Classée aux monuments historiques depuis 1840, elle est assurément un magnifique témoignage de l’art roman en Dauphiné. Seul la porte monumentale, du XVè siècle, est un témoin du gothique flamboyant.
Une fois franchie, on pénètre dans une douce atmosphère propice au recueillement. La beauté de la lumière filtrée par les vitraux apaise et invite aussi à la contemplation. Tout de suite nous sommes attirés par la chapelle située au fond à droite de la nef. Sur sa hauteur, on peut admirer des fresques romanes datant du XIIème siècle, figurant notamment les quatre fleuves du paradis. Elles doivent leur état de conservation tout à fait exceptionnel au fait qu’elles aient été dissimulées sous un enduit jusqu’au milieu du XIXème siècle
Une chapelle secrète
Très souvent, les plus grands joyaux sont absolument cachés et il en va de même pour la chapelle saint Theudère, ou chapelle des anges, qui se situe juste au dessus. Pour y accéder, il nous faut emprunter un escalier à vis aussi minuscule qu’escarpé – c’est le prix à payer pour passer du monde terrestre au monde céleste. Très longtemps réservé à la réception des moines, elle figure des scènes de l’apocalypse selon Saint Jean. Attention, par souci de préservation, il est nécessaire de réserver pour pouvoir la visiter.
mémoire
En charge de faire vivre l’œuvre pléthorique tout comme la mémoire de son père, Joséphine revient, dès qu’elle le peut dans son village de Saint Chef, auquel elle voue un attachement profond et indéfectible.
Joséphine Dard
Un village dévolu à Dard
Dès la sortie de l’église, au pied des escaliers majestueux se trouve la fontaine. Un nouveau personnage s’est invité sur la place du village, depuis l’automne dernier. Il n’est autre que le fameux chat de Philippe Geluck, sous la forme d’un bronze sculptural. Véritable témoignage de l’immense amitié du dessinateur pour son ami, il a été offert à la commune pour marquer encore l’importance du lien réciproque qui unit le petit village Dauphinois et l’illustre écrivain. On choisit ensuite de poursuivre notre visite à la recherche des grandes photos qui figurent San Antonio à travers les rues. Nous voici ainsi vite arrivés à l’école communale où il fit ses classes, avant de remonter sur les hauteurs à « La taverne rustique », un incontournable de la région !
Notre auteur bon vivant ne s’y trompait pas, et s’y attablait dès qu’il le pouvait avec des amis. C’est toujours le QG actuel du festival « Sang pour Sang polar ». Un prix Frédéric Dard y est d’ailleurs remis chaque année ! Et aujourd’hui, on se régale de cuisses de grenouilles, la spécialité de Monique la patronne. L’ambiance est à la bonne franquette et le service est sympathique.
Un musée pour l’auteur de polar
Facile, notre balade digestive nous amène en quelques minutes devant l’entrée du musée. On pousse la porte, et plongeons par la même dans la richesse des quinze siècles d’histoire de Saint Chef qu’il relate. Les origines de l’église abbatiale et son évolution sont savamment expliquées tandis que les fresques sont détaillées et explicitées par une animation 3D. Bien sûr, on est aussi attirés vers l’espace dédié à notre écrivain préféré.
Les immenses vitrines contiennent un nombre impressionnant de bouquins, œuvres de Frédéric Dard. On peut même admirer le bureau où il travaillait, ainsi que son ultime machine à écrire.
Bientôt il est l’heure de conclure notre escapade par une la dernière demeure de notre auteur, dans le nouveau cimetière surplombé par la tour du poulet. Un moment émouvant pour conclure en beauté une journée où l’on a pu toucher d’un peu plus près les mystères de l’inspiration de San Antonio en s’imprégnant de ce territoire Isérois qu’il a tant aimé.