Joséphine Dard, Saint Chef au cœur
« son âme repose partout à Saint Chef ».
À Saint Chef, marcher dans les pas de Frédéric DardIl est des sourires enchanteurs qui se sentent et se ressentent à distance, à travers le fil du téléphone.
Assurément, celui de Joséphine Dard est de ceux-ci. Il exprime tout le plaisir doublé d’émotion qu’elle a, dès la première question, à évoquer le souvenir de son illustre papa.
Désormais en charge de faire vivre son œuvre pléthorique tout comme sa mémoire, cette femme d’affaire accomplie évolue aussi dans le domaine financier à Genève. Dès qu’elle le peut, et chaque semaine, elle revient dans son village de Saint Chef, auquel elle voue un attachement profond et indéfectible, comme l’éprouvait son père en son temps.
Parfums d’enfance
Dès qu’elle le peut, elle revient dans son village de Saint Chef, auquel elle voue un attachement profond et indéfectible, comme l’éprouvait son père en son temps. Des liens qui prennent leur source dans l’enfance, comme bien souvent. Tous deux, ils y passèrent des vacances féériques, à l’aventure autour de la tour du poulet qui domine la bourgade, ou dans les ruelles aux abords de la fameuse église abbatiale. La taverne rustique fut aussi le théâtre de leur jeunesse. Joséphine nous le confie sans ambages: « c’est ici que palpite le cœur de Saint Chef ! »
Elle y retrouve encore une amie d’enfance, fille de Pierre Grataloup, figure locale bien connue puisque maire de la commune durant plus de cinquante ans, entre autres choses. « Nous sommes ensemble là-bas comme deux gamines » nous dit-elle.
C’est encore dans ce sympathique restaurant que l’équipe et les invités du festival « Sang pour Sang polar » aiment s’attabler, en toute convivialité
Lors de la dernière édition, Philippe Geluck, l’auteur du fameux chat en a croqué un là-bas justement, géant. Un dessin très émouvant, véritable hommage du cartooniste à son ami, qui figure l’animal avec un livre ouvert, portant l’inscription « l’œuvre de Dard est une œuvre d’art ».
Offert à Saint Chef, le dessin de Philippe Geluck fut transfiguré en une sculpture, qui trône désormais, illuminée la nuit, près de la fontaine du centre. « Il a même voulu que le camion qui l’a emmené roule sans sa bâche, pour que le plus de monde possible puisse le découvrir ! ». Joséphine l’avoue aisément, son cœur s’est serré quand le convoi est passé devant l’abbatiale, qui abrita jadis la messe funéraire pour son père.
Frédéric Dard repose bel et bien à Saint Chef, un peu plus haut, au nouveau cimetière. Joséphine nous confie encore « son âme repose là bas, mais pas uniquement au cimetière, partout à Saint Chef ». Et sourit de nouveau « il paraît qu’il faut trois générations au cimetière pour se sentir chez soi. C’est quelque chose que j’incarne totalement ! ».