Image illustrative
© Prune Vellot

Le col de Sarenne : un itinéraire grandiose à préserver

Si le col de Sarenne est une étape clé pour les coureurs du Tour de France 2026, il est aussi une destination de choix pour les cyclistes amateurs.

À vélo de route, en gravel ou en VAE, il se gravit de bien des façons, depuis L’Alpe d’Huez, Mizoën ou même Auris-en-Oisans, et offre une véritable immersion en montagne, entre alpages fleuris et sommets enneigés.

Si l’Oisans est prisé des cyclistes pour l’ascension des 21 virages de L’Alpe d’Huez ou pour celle du col de la Croix de Fer, il recèle de circuits plus confidentiels.
Parmi ceux-ci, le très bucolique col de Sarenne, perché à 1 999 m d’altitude dans le massif des Grandes Rousses, qui offre aux amateurs de vélo un superbe itinéraire de montagne.

Il est possible de le gravir depuis :

  • la station de l’Alpe d’Huez par un joli vallon orienté ouest (environ 10 km, + 350 m de dénivelé et des passages max à 10 %),
  • ou depuis le village de Mizoën et la secrète vallée du Ferrand par une route relativement raide et étroite (environ 13 km, + 950 m de dénivelé et des passages à plus de 12 %).

Quelle que soit l’option, il s’agit d’une ascension de choix.

L’itinéraire depuis Mizoën L’itinéraire depuis l’Alpe d’Huez

Certainement l’un des cols les plus célèbres du monde. Depuis Le Bourg-d’Oisans, les 21 virages en épingles à cheveux s’enchaînent.
Les premiers kilomètres affichent plus de 10 % de pente, avant de s’établir autour de 8-9 % jusqu’au sommet.

21 virages de l’Alpe d’Huez

Lire l'histoire

Pépite du Tour de France

Les organisateurs de courses cyclistes ne s’y sont d’ailleurs pas trompés.

Ils ont pleinement perçu le potentiel de ce col, qui offre un véritable challenge sportif dans un paysage remarquable.

En 2013, déjà, le Tour de France y a fait passer sa 18ème étape, entre Gap et l’Alpe d’Huez. Cette année-là, les coureurs ont déboulé en Oisans par le col d’Ornon. Ils ont gravi une première fois les 21 virages de L’Alpe d’Huez, puis ont poursuivi jusqu’au col de Sarenne, avant de redescendre en vallée et de remonter une deuxième fois à L’Alpe d’Huez.

© Laurent Salino

Pour son édition 2026, le Tour relève encore le défi. La 20ème étape, au départ du Bourg-d’Oisans, traverse la Maurienne et revient en Oisans par le col du Galibier, pour se terminer à L’Alpe d’Huez, cette fois-ci, en gravissant le col de Sarenne depuis le village de Mizoën. Suivre cet itinéraire, c’est s’offrir une véritable immersion dans l’Oisans sauvage. Depuis le barrage du Chambon, on gravit une rampe relativement raide pour atteindre le village de Mizoën.

Perché sur un petit promontoire exposé plein sud, il est la porte d’entrée vers la vallée du Ferrand, ses habitats traditionnels en pierre et ses alpages aux allures de steppes. La route se poursuit tranquillement, parfois à l’ombre des arbres ou des falaises, jusqu’à la commune de Clavans-en-Haut-Oisans, qui se divise en deux hameaux séparés de deux kilomètres.

Ensuite, le parcours forcit, mais le paysage s’ouvre au fil des lacets et en met plein les yeux.

Aussi, oublie-t-on vite les raidillons, les gravillons et les abords abrupts de la chaussée !

Paysage remarquable, nature sensible

Arrivé au col, tout semble plus doux et silencieux. On est ici loin des foules et des turpitudes du monde d’en bas. Faisant fi du petit vent d’altitude, on s’abîme dans une contemplation de cet espace encore sauvage. Le vaste plateau d’Emparis et les sommets abrupts des Écrins se dévoilent dans toute leur splendeur.

À deux pas du col, une table d’interprétation, en lave émaillée, a été installée il y a quelques années par la commune de Clavans et le parc national des Écrins.
Elle permet de lire le paysage alentour et d’en apprendre davantage sur le patrimoine local.

Découvrir le plateau d’Emparis

À noter que le marais du col de Sarenne est une zone particulièrement sensible, qui abrite plusieurs espèces protégées, à l’instar de la Swertie vivace, plante rare et vulnérable en Isère, et l’Apollon, papillon emblématique de nos montagnes.

Considéré comme une zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (Znieff), le site n’a subi que peu d’aménagements.
Seules la petite route accidentée et quelques cabanes des bergers témoignent de l’activité pastorale, qui sculpte ce paysage depuis des siècles. La Znieff englobe les environs du col de Sarenne et le versant ubac du sommet de la Croix de Cassini, prisé des randonneurs.
Le site, qui se caractérise par ses nombreux habitats – prairies subalpines, pâturages, landes d’ubac, pelouses alpines, rocailles d’altitude, escarpements rocheux ou encore marais – abrite de nombreuses espèces de faune et de flore. Outre le rhododendron et la myrtille, un œil attentif pourra ainsi observer des espèces remarquables, telles que la clématite des Alpes, la tulipe méridionale ou la linaigrette. Et avec un peu de chance, chamois, lagopèdes, niverolles des neiges, tétras-lyre, chocards à bec jaune et aigles royaux oseront se montrer…

À noter que le marais du col de Sarenne est une zone particulièrement sensible, qui abrite plusieurs espèces protégées, à l’instar de la Swertie vivace, plante rare et vulnérable en Isère, et l’Apollon, papillon emblématique de nos montagnes.

Avant de poursuivre la route jusqu’à l’Alpe d’Huez, il est possible de faire une halte à la Bergerie du Col de Sarenne. Pendant la saison haute, elle offre aux cyclistes, aux randonneurs et autres visiteurs de passage un petit service de restauration autour de fromages de chèvres faits maison et de charcuteries fabriquées à Vaujany.

Il n’y a ensuite plus qu’à se laisser glisser jusqu’à la station, en suivant une route pastorale aux contours des plus doux. Attention, cependant, à garder quelques forces pour la dernière remontée !

Le guide

Toutes les infos pratiques pour organiser votre découverte de l’Isère.