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21 virages de l'Alpe d'Huez : une idée de génie
Aux confins de l’Isère, les mythiques 21 virages de Alpe d’Huez fascinent autant les passionnés de vélo que les amateurs de grands paysages : ils sont le symbole d’une passion pour le cyclisme qui rayonne à l’échelle mondiale.
Retour sur l’histoire fascinante de ces lacets numérotés, imaginés en 1964 par un hôtelier visionnaire, Georges Rajon, et devenus au fil des éditions du Tour de France l’un des terrains de jeu les plus mythiques et les plus redoutés du peloton professionnel.
Si la station de l’Oisans est mondialement connue, en été comme en hiver, elle le doit en partie à un hôtelier visionnaire !
Georges Rajon, est celui qui a eu l’idée de numéroter les 21 virages de la montée, assurant le succès médiatique du Tour de France. Il est aussi celui, qui a lancé le défi de créer la piste de ski de Sarenne, la plus longue d’Europe et celui de la piste du Tunnel.
Une idée, venue d’un voyage en Slovénie
Tout commence en 1964, lorsque Georges Rajon voyage en Slovénie.
Homme d’affaires et grand sportif, ce passionné découvre les 50 lacets numérotés qui serpentent de part et d’autre du col de Vrsic.
Le déclic est immédiat : et si l’on faisait pareil sur la route de l’Alpe d’Huez ? De retour en Oisans, il fait poser les panneaux numérotés sur les 21 virages qui scandent les 14 kilomètres entre Bourg-d’Oisans et la station — mais dans un ordre décroissant, comme un compte à rebours haletant vers le sommet.
Ce détail, apparemment anodin, allait transformer une simple ascension de montagne en l’un des rendez-vous les plus mythiques du sport mondial.
Le déclic est immédiat : et si l’on faisait pareil sur la route de l’Alpe d’Huez ?
1952 : la Grande Boucle découvre l’Alpe d’Huez
Avant même la numérotation des virages, Georges Rajon avait joué un rôle clé dans l’histoire du Tour.
En 1952, alors président du club des sports de la station, il contribue à faire venir pour la toute première fois une étape du Tour de France en altitude à l’Alpe d’Huez.
Ce jour-là, l’italien Fausto Coppi écrase la concurrence et s’impose en solitaire au sommet, dans une démonstration de force restée gravée dans les mémoires.
Pourtant, malgré l’exploit du campionissimo, l’engouement ne dure pas. La Grande Boucle ne reviendra pas sur ces pentes avant 24 ans.
1976 : la naissance d’une légende
Il faut attendre 1976 pour que l’Alpe d’Huez retrouve le peloton. Cette fois encore, Georges Rajon est aux manettes. Sollicité par son ami Georges Lachat, journaliste au Dauphiné Libéré, il met, avec d’autres hôteliers la main à la poche pour financer le passage de l’épreuve.
La facture s’élève à 100 000 francs nouveaux (soit environ 46 000 euros).
Le pari est gagnant. Le Hollandais Joop Zoetemelk s’impose au sommet, et ses compatriotes, fous de cyclisme, envahissent la montagne en masse.
Pendant 8 éditions consécutives, des vainqueurs néerlandais triomphent à l’Alpe d’Huez, transformant les 21 virages – et surtout le n°7 en un véritable mur orange, submergé par des milliers de supporters en délire.
Les 21 virages, temple mondial du cyclisme
Les images de ces virages pris d’assaut par les supporters du monde entier font le tour de la planète.
Les grands noms du cyclisme y ont tous écrit leurs lettres de noblesse : Hinault, Fignon, Pantani, Armstrong, Contador, Froome, Vingegaard… L’Alpe d’Huez est aujourd’hui considérée comme la montagne du Tour de France par excellence.
Après 30 passages de la Grande Boucle, la fièvre n’est jamais retombée. Chaque jour en été, en moyenne, plus de 300 cyclistes de tous horizons viennent relever le défi des 21 virages, pédalant sur les traces des champions.
Chaque numéro de lacet devient un repère, un symbole, un bout d’histoire du vélo.
Aujourd’hui, qu’on soit cycliste aguerri ou simple passionné de belles histoires, gravir les 21 virages de l’Alpe d’Huez, c’est bien plus qu’une performance sportive : c’est un voyage dans l’histoire vivante du cyclisme.