Image illustrative
© S&M Booth

Ça plane en falaise

Les falaises sont plus animées qu’il n’y paraît à première vue : elles sont la résidence des oiseaux et des plantes qui n’ont peur ni du vide ni du froid… et encore moins du soleil !

La vie en falaise ne commence pas au printemps, mais en hiver !

Dès l’automne pour la nidification, certaines falaises sont occupées par les rapaces. La nuit, à partir d’octobre, vous entendrez les ululements graves et de faible intensité, « boubou boubou » du hibou grand-duc, qui prévient les autres mâles de l’occupation de ce territoire. Un autre rapace parade à l’automne et pond aussi ses œufs en janvier voire en décembre, le gypaète barbu.

À tous les étages, chacun selon ses besoins

Depuis le haut des falaises, vous pourrez admirer les acrobaties des chocards à bec jaune, observer l’oiseau papillon, le martinet à ventre blanc, l’hirondelle des rochers, ou croiser le paisible bouquetin, roi des parois. Tout ce petit monde a repéré pour sa future famille des petits coins tranquilles.

Chocard à bec jaune

Souvent appelé à tort « choucas », il se dis­tingue par son bec jaune. Son nid est massif, fait de brin­dilles, de racines et d’herbe. Il est situé dans une cavité, cheminée rocheuse ou crevasse.

Période de sensibilité : Avril à Juillet

© Böhringer Friedrich

Gyapète barbu

Un des plus grands rapaces d’Europe, il est identifiable en vol grâce à sa grande envergure, entre 2,60 et 2,90 m. Cette espèce a bénéficié de programmes de réintroduction.

Périodes de sensibilité : Janvier à Août / Novembre à Décembre

© Noel Reynolds

Le grand-duc se contente d’un rebord de falaises, tandis que l’aigle royal a besoin d’une plateforme plus grande pour construire son nid imposant. Le tichodrome – le joliment nommé « oiseau papillon » avec ses ailes ourlées de rouge carmin – quant à lui préfère les crevasses, à l’abri des regards et du dérangement !

Grand-duc d’Europe

Ses ailes, rondes et souples, sont presque trois fois plus longues que le corps ! Il niche en falaise mais se contente par­fois d’un bloc rocheux isolé dans une pente boisée.

Période de sensibilité : Janvier à Août / Novembre à Décembre

© Carlos Delgado

Aigle royal 

L’Aigle royal présente un plumage marron foncé et peut mesurer jusqu’à 1,30 m. d’envergure. Il niche en falaise ou plus rarement sur un arbre entre 400 et 2500 m d’altitude.

Période de sensibilité : Janvier à Août

© Giles Laurent

Tichodrome

Petit oiseau gris aux larges ailes arrondies avec de grandes taches rouge-carmin. Son nom signifie « grim­peur des murs ». Il avance par bonds sur les parois rocheuses, agrippé à la roche.

Période de sensibilité : Avril à Juillet

© Pierre-Marie Epiney

Le Conservatoire Botanique National Alpin a recensé dix types d’habitats naturels qui rassemblent une diversité d’écosystèmes de plantes, de mousses, lichens, fougères, insectes et mollusques. Au fil du temps, ils ont su s’adapter à ces conditions extrêmes depuis plus de 400 millions d’années. Respect !

Des trésors de nature

Conservatoire Botanique National Alpin

Faucon pèlerin

Son corps est puissant et fuselé. Il peut atteindre 105 cm d’envergure. Il ne construit pas de nid mais utilise les cavités et plateformes existantes sur des falaises rocheuses.

Période de sensibilité : Janvier à Juillet

© Pierre-Marie Epiney

Martinet à ventre blanc

C’est le plus grand des martinets d’Europe. Il nidifie dans les an­fractuosités des parois rocheuses. Infatigable, le martinet à ventre blanc peut voler 200 jours sans jamais se poser !

Période de sensibilité : Mai à Juillet

Des parois pleines de vie jusqu’en été

Au loin et même de près, les parois paraissent nues. Si vous regardez bien dans les fissures, vous découvrirez pourtant des plantes qui ont la capacité de vivre sans sol comme la doradille élégante, espèce protégée connue en Isère dans le Vercors ou encore l’œillet des rochers, qui survit jusqu’à 2 000 m d’altitude. C’est seulement en été qu’elles peuvent se reproduire ou se développer.

Pour certains rapaces, comme le gypaète, la saison de la reproduction dure plus de huit mois. Et les faucons pèlerins ou les aigles royaux restent dans le secteur pour s’occuper de leur progéniture jusqu’au mois d’août !

Aigle royal en approche

Et si on faisait connaissance ?

Explorateurs de nouveaux territoires, amoureux de l’escalade ou du vol libre, photographes animaliers ou simples curieux, nous sommes de plus en plus nombreux à apprécier ces espaces verticaux.

… À bonne distance

Différentes études ont démontré que 300 mètres sont la bonne distance à maintenir pour préserver des bulles de quiétude pour les rapaces. On veille également à être discrets lors des périodes de reproduction (périodes de sensibilité) de chacune des espèces.

Les rapaces sont protégés en France depuis 1972. Apprenons à mieux connaître la faune de nos massifs pour cohabiter avec elle mais aussi mieux la préserver !

Vous souhaitez en faire plus ? 

Participez à l’Enquête Rapaces diurnes nicheurs en France 2026-2027 !

www.faune-aura.org

 

© Ulysse Lefebvre

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